Les belles histoires de French Cancan...

Toute ressemblance avec des personnes existantes ou ayant existé ne saurait être que fortuite ou volontaire.
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08/01/2011

#24. Célibataire, Le Statut De La Honte


C'est quoi "célibataire" au juste?
Allons donc demander à Petit Robert ce qu'il pense de ce mot...

Célibataire est donc un nom ou un adjectif qui désigne une personne qui vit dans le célibat. En exemple, Bébert cite "les habitudes célibataires" (Queneau) pour une utilisation en tant qu'adjectif, ou bien rapproche la définition du célibataire aux noms "fille" et "garçon". Il cite à nouveau un Grand Auteur Français (ou GAF), Anatole France : "l'égoïsme raffiné d'un vieux célibataire". Et il n'oublie pas non plus de mentionner des expressions communément employées telles que c'est un célibataire endurci, Célibataire en concubinage notoire ou bien l'apposition mère célibataire ou encore l'usage familier du mot célibataire : "je voyage en célibataire", c'est à dire sans conjoint.

Ok, d'accord, donc c'est quoi le célibat si une personne célibataire vit dans le célibat?
Hop, on rejette un coup d'œil dans le pavé que Bébert s'est fait chier à rédiger et qui est souvent délaissé au profit de la bible web du savoir, Wikipedia (qui n'est pas agréé par l'Académie française, je tiens à le préciser, donc ça compte pas quand on joue au Scrabble).

Célibat est un nom masculin, jusqu'ici tout va bien. P.R. propose deux définitions :
1. État d'une personne en âge d'être mariée et qui ne l'est pas, ne l'a jamais été.
Rob' nous renvoie alors à la définition de célibataire et nous donne des exemples de l'usage de ce mot : Vivre dans le célibat et célibat ecclésiastique qui est donc la conséquence du vœu de chasteté. Il n'oublie pas de citer un GAF comme Rousseau : "L'homme n'est pas fait pour le célibat." En gros, pas fait pour ne pas assouvir ses désirs sexuels.
2. Chasteté, période de chasteté dans le mariage (même pas le 1er samedi du mois, ndrl). Citation de GAF : "La prophétesse druidique était astreinte à de longs célibats." (Michelet), et donc son contraire : mariage.

De nos jours, on a détourné la réelle définition du mot célibataire et on l'associe à une personne qui ne vit pas en couple, ou bien qui n'a tout simplement pas de copain/copine avec qui il y a possibilité d'échanger des fluides corporels.

D'ailleurs, sur un site qui discute la langue française, Monkey003 est très étonné de savoir que célibataire ne veut pas forcément dire en pénurie d'amour et de sexe :
"Bonjour,

Je m'étonne de trouver dans le dictionnaire cette définition pour célibataire "personne qui n'a jamais été mariée". Cependant, les personnes vivant en couple mais etant non mariées sont-elles considérées comme celibataires? Nous, on utilise célibataire pour dire que quelqu'un est seul. Si maintenant j'ai une copine et que j'ai 14 ans, je ne suis plus "célibataire". Comment faut-il entendre ce mot? Des couples vivant sans être mariés sont-ils célibataire? Merci de m'aider.
"

Euh, comment te dire Monkey003, as-tu peur de ce vilain mot? Est-ce que par le plus grand des malheurs, ta vie privée ferait État d'une personne en âge d'être mariée et qui ne l'est pas, ne l'a jamais été ? T'inquiète, c'est pas un mal en soi, car nombre de gens qui ont le statut "Marié(e)" regrettent celui de "célibataire" qu'ils n'auront plus jamais car après ils auront le choix entre "divorcé(e)" ou "veuf/veuve", qui ne sont pas forcément des statuts qui font rêver non plus.

En France, quand on rencontre des gens, on se claque la bise et on se présente en donnant les informations nécessaires pour s'identifier : État civil et situation professionnelle. L'état civil inclut le statut marital et donc sexuel.
Quand on dit "je suis célibataire", les gens te regardent avec un air désolé, comme si être célibataire était quelque chose de triste (la solitude) et de honteux (l'onanisme obligatoire). Ensuite après une brève discussion, on va toujours entendre la question qui tue : "Mais alors, comment ça se fait que tu sois célibataire?????"

D'une, c'est une question vraiment con à laquelle je ne vois qu'une réponse possible : "Et toi comment ça se fait que tu ne sois pas célibataire". I mean, qu'est-ce qu'ils insinuent avec cette intrusion soudaine dans ta vie privée?
Et puis, ils ne se rendent pas compte que cette question de causette sociale est pleine de sous-entendus :
- le sous-entendu soi-disant flatteur. Tu as tout pour plaire, un travail, des amis, un physique agréable, c'est bien difficile de comprendre pourquoi t'es seul(e).
- le sous-entendu suspicieux. Y'a un truc qui cloche alors, il/elle doit être homo, c'est pas possible autrement (parce que c'est bien connu, tous les homos sont seuls et tous les célibataires pas moches sont homo).
- le sous-entendu machiste. Quand on est une femme célibataire, il semble impossible à ces personnes curieuses (hommes ou femmes) de concevoir qu'une femme puisse vivre seule sans l'aide de quelqu'un d'autre, et à priori un homme.
- le sous-entendu déplacé. En gros, comment tu fais pour ne pas baiser? Et là les gens sans trop le savoir, prennent le mot "célibataire" au sens de vœu ecclésiastique de chasteté...

Le célibataire est souvent perçu comme un être étrange à la limite de la marginalité.
Dans notre société, le but que tout être se doit d'avoir dans la vie, c'est de se caser et de faire des gosses, surtout quand on est une femme, les hommes arrivent mieux à s'en sortir avec ce statut de la teuhon. Si une femme ne suit pas cette voie normale de l'évolution et qu'elle n'a pas forcément ce but premier dans la vie, les gens se disent qu'ils ont affaire à une grosse égoïste, féministe et individualiste qui finira vieille fille aigrie entourée de chats.

C'est la honte grave d'être célibataire.
La normalité dans notre société, c'est de vivre en couple. Le bonheur est secondaire.
C'est ce que l'on voit quand on tape le mot "célibataire" sur google, on tombe exclusivement sur des sites de rencontre qui promettent au solitaire de rencontrer l'âme sœur sur catalogue et selon des études scientifiques personnalisées utilisant des outils mathématiques de compatibilité, moyennant une participation financière bien entendu.
On tombe aussi sur des agences de voyage labellisées "pour célib'", ces gens qui en ont marre d'être entourés de couples et qui veulent s'éclater et fréquenter des gens atteints du même syndrome social.

Les émissions télé sont également envahies par ce marché du célibataire à la recherche de partenaire de vie et de son intégration dans la société de consommation. Tous les "Loft Story", "Opération Séduction", "Qui veut épouser mon fils" et autres "L'amour est dans le pré" exploitent la fascination des gens envers ces gens qui vivent seuls.

Hier soir, j'ai cranté sur une émission que je n'avais jamais vue auparavant : "l'Amour au menu" sur Direct 8. C'est un savant mélange de "Tournez Manège" (recherche de l'Amour) et de "Un dîner presque parfait" (la bonne bouffe), le niveau est aussi bas, c'est un régal.

J'ai été époustouflée par la candidate célibataire, Delphine qui fait partie de ces femmes qui ont tout pour plaire (après tout est relatif, entendons-nous bien) et qui est quand même célibataire. Dans son portrait, elle répond à la fameuse question qui tue. Écoutez bien sa réponse :


Cette charmante hôtesse de l'air qui a un cerveau (mais quand même légèrement altéré par la décoloration abusive) a eu donc le choix entre plusieurs mecs. Elle veut une belle bague qui brille et des enfants. Elle veut être heureuse, tout simplement.

Ses prétendants :
Julien, 34 ans, chauffeur routier. Super charmant, attentionné, elle rigole bien avec lui, elle se sent bien, il faut plein de choses géniales dans sa vie, il lui offre une rose lors du dîner et elle n'y est pas indifférente... mais bon il est routier, et il ne remplit pas ses critères physiques.
Karl, 35 ans, steward. Le beau gosse. Et ça s'arrête là, il a pas l'air bien fut fut, mais c'est pas ce qu'on lui demande. Delphine est sous le charme de son sourire ultra brite, mais est bien consciente que cet homme-là, il papillonne grave.
Anthony, 36 ans, informaticien. Il a le profil même de l'informaticien (lunettes, pas baraque, pas très beau, complètement geek et habitué à être célibataire). Il est squizzé direct.
David, 27 ans, animateur pour enfants. Le mec fun, beau et pétillant. Mais un peu gay quand même.
Jean-Paul, 36 ans, cadre comptable. Sa passion c'est l'aviation, pour une hôtesse de l'air c'est plutôt bien tombé, mais quelle hôtesse voudrait passer son temps libre dans un avion? Et puis il est pô bô.

À priori, Delphine devrait choisir Julien.... Ben non, elle choisit Carl. Parce que c'est quand même mieux d'être une femme trompée au bras de Brad Pitt qu'une célibataire épanouie au bras (ou pas) de Roule Marcel.

CC French Cancan 2011

29/09/2009

#2. Le coup de foudre féminin, c'est quoi?

L'instinct féminin a été plus fort que tout, et grâce à lui j'ai été victime d'un merveilleux coup de foudre.
Mais avant tout, replaçons les choses dans leur contexte...

Par une belle après-midi d'automne, je me rends à la caisse de sécurité sociale pour mettre à jour ma carte vitale. Bien sûr, c'est une chose très simple à faire, il suffit de mettre sa carte dans la borne, d'appuyer là où la machine vous dit d'appuyer et attendre une "hôtesse" pour la suite. Mais bien sûr, il faut attendre son tour, même pour utiliser une borne. Avant moi, deux autres personnes. Pas de problème, j'attends... Bien sûr, les gens sont rarement contents lorsqu'ils se rendent dans de tels locaux. Bien sûr, ils en profitent pour passer leurs nerfs sur les employées de bureau qui ne peuvent leur offrir une réponse satisfaisante. Ce qui les énerve davantage. Ce qui aussi me fait attendre davantage.
Mais enfin, c'est mon tour! Je vais faire chauffer la carte vitale!!!!! Plic, Plic, Plic, enter. Hop c'est fait. Triomphante, je dis donc à "l'hôtesse" (la charmante dame à l'accueil, qui aime bien appliquer soigneusement son maquillage à l'aide d'une truelle) : "Ca y est!!!!"
"L'hôtesse" m'informe que maintenant elle peut me donner mon attestation. Trèèèèès bien! J'en avais d'ailleurs besoin. Plic, soupir, plic, rhhha ces machines, plic, vrom vrom. Mon attestation est prête! Super! J'y jette un oeil rapide... mais je découvre que je suis mère de deux enfants, ce qui n'est pas du tout, mais alors pas du tout mon cas.
J'informe ma chère hôtesse de la bourde, bon bien sûr, elle, elle peut rien faire il faut que j'appelle blablabla, service des affiliations, blablabla. J'éprouve soudain de la compassion pour cette gentille dame qui doit s'en prendre plein la gueule toute la journée, et on plaisante un peu ensemble sur les enfants. Elle me conseille même de profiter des allocations familiales, sur le ton de la plaisanterie, bien sûr. Ahahah, merci madame, aurevoir.

Je sors de ce lieu terni par les mauvaises ondes. Je suis en plein milieu de Paris, le soleil brille, les oiseaux... euh... le soleil brille. Je décide de ne pas rentrer chez moi directement et d'en profiter pour me balader dans ce coin que je connais bien.
Mes pieds m'emmènent instinctivement vers le forum des Halles. Je me dis, allez on va juste jeter un oeil aux boutiques. Trou noir... Là je me retrouve en plein milieu du magasin H&M avec les bras chargés de cintres sur lesquels pendent de jolis habits qui ne demandent qu'à être essayés.
Bien sûr, ils me vont tous. Mais il faut faire un choix. Oui, parce que je m'en voudrais ne pas avoir pris au moins un petit haut qui m'allait si bien. Hop à la caisse, j'ai choisi de prendre deux articles (et non un ou zéro comme prévu).

Toute guillerette, je sors du forum des Halles après avoir fait un crochet par une parfumerie. J'ai mis mon nez dans plein de bouteilles, je me suis aspergé les avant-bras de différentes fragrances, sous l'oeil suspicieux du vigile qui devait s'ennuyer comme un rat mort et qui pensait qu'éventuellement j'avais un comportement douteux ("elle sniffe partout, elle prend rien, elle va voler un truc, c'est clair").
Eh bien non! Victoire! Je suis sortie de ce magasin sans rien acheter et sans sonner!

Dehors, le soleil de début d'automne caresse doucement mon visage. Il fait si bon! Je décide alors de marcher à travers les rues anciennes et huppées de Paris pour rentrer chez moi, plutôt que d'aller sous terre et reprendre une bonne dose de mauvaises ondes dans un train qui crisse et qui ne sent pas la rose.
Je me balade, direction la place des Victoires... À ma droite, le magasin Kiliwatch... tentation, tentation. J'y avais trouvé , il y a quelques mois,une très belle paire de bottes vintage dont je suis très satisfaite. J'irais bien juste voir ce qu'ils ont déniché de beau. Trou noir... Je me retrouve au milieu du magasin, dans chaque main une paire de bottes vintage. Je me penche pour en reposer une (il faut pas exagérer tout de même). Je me relève et là... un courant électrique traverse tout mon corps... je me sens envahie par une sensation de bien-être et d'excitation intense. Mes yeux voient trouble, c'est comme si tout d'un coup je me retrouvais dans une photo de David Hamilton.

Pas de doute, je suis en train de vivre en direct live un véritable coup de foudre!
Parmi des centaines et des centaines de fripes, et des tas de vieilles chaussures plus ou moins en bonne santé, mon coup de foudre se tenait là, juste devant mes yeux. J'avais du mal à y croire...
Une magnifique paire d'escarpins dorés me draguait ouvertement. Sa splendeur m'éblouissait.

J'avance alors une main fébrile vers l'objet de convoitise. Et là, il y a contact direct. Ma peau contre sa peau... C'est du cuir! À vue d'oeil en plus, c'est ma pointure! Je les tourne et retourne dans tous les sens, les informations arrivent comme un tsunami : made in Italy, forme et talon parfaits, état vintage mais quel charme! Ni une ni deux, je les enfile. Elles me vont! Un miroir, vite!

Je vois le reflet de mes souliers dorés, je vois mes pieds et mes jambes sublimés. Un autre tsunami s'abat à nouveau dans mon esprit. Je passe en revue toute ma garde-robe, et oui, je me vois très bien avec ces souliers magiques.
Trou noir... je me retrouve à la caisse à composer mon code secret. Je m'empare du sac contenant mon trésor. Égarée dans mes pensées, je franchis le seuil du magasin et je me vois marcher d'un pas enjoué avec un sourire niais de satisfaction. Ma balade peut continuer, et cette fois, étant donné mon état pleinement satisfait, je serai assez forte pour passer devant les boutiques, m'arrêter devant les vitrines sans ressentir ce besoin insatiable de rentrer dans l'antre de la consommation...

L'instinct féminin a guidé mes pas vers le destin :


CC French Cancan 2009